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Origine

C'est à Trois-Rivières, au confluent de la rivière Saint-Maurice et du fleuve Saint-Laurent, que sont jetées les bases de la Milice canadienne. En effet, des 1651 (époque des guerres amérindiennes), Pierre Boucher, capitaine du bourg de Trois-Rivières depuis 1649, reçoit un ordre du Gouverneur de la Nouvelle-France lui enjoignant, entre autres, de se procurer des armes, d'exercer les habitants à leur maniement et de les relayer au service de la garde. Le 3 avril 1669, le gouverneur de Courcelles reçoit une lettre du roi Louis XIV lui ordonnant.

« ... de répartir les habitants en compagnies,...; de les rassembler une fois par mois par escouades ou par compagnies...; de les réunir une ou deux fois l'an; de le munir de plomb, poudre et mèche, de les faire passer lui-même en revue en laissant exécuter tous les mouvements du métier des armes... »

Tout sujet de 16 à 60 ans est restreint au service. Les officiers et les hommes doivent servir gratuitement. Dès lors, chaque paroisse a sa propre compagnie de miliciens. Les paroisses plus populeuses peuvent compter deux ou plusieurs compagnies dont les effectifs varient de 5O à 80 hommes. Selon l'importance de la population, elles peuvent avoir un ou plusieurs capitaines, lieutenants, enseignes et sergents. Parmi les officiers, le capitaine de milice est un personnage très important dans la paroisse: il vient immédiatement après le seigneur. Il représente, auprès des paysans, le gouverneur et l'intendant. Certains capitaines remplissent même des fonctions civiles d'administrateurs locaux et de porte-parole du gouvernement. La Milice, en tant que force auxiliaire de l'armée régulière, est ainsi maintenue durant tout le XVllle siècle.

Au cours de la guerre de 1812 contre les Américains, deux bataillons de volontaires sont levés à Trois-Rivières: un pour le bourg qui a pour capitaine Zacharie Macaulay et un pour les Forges Saint-Maurice, commandé par le capitaine Jean-Baptiste Landry. Le 24 mai 1812, C. Sabrevois de Bleury est nommé major du 3e Bataillon de la milice d'élite et incorporée qui comprend Trois-Rivières et Berthier. En 1830, le comté de Saint-Maurice compte trois bataillons de Milice: le premier pour Trois-Rivières et sa banlieue, le fief Sainte-Marguerite, le fief Saint-Maurice, Pointe-du-Lac, le fief Gatineau et le township de Caxton; le second bataillon pour Maskinongé, le fief Saint-Jean et son augmentation, Carufel et partie de Lanaudière et toutes les îles du Saint-Laurent près du dit comté; le troisième bataillon pour Yamachiche, les fiefs Dumontier et Grandpré et les townships de New-Glasgow et Hunterstown.

En 1855, le Gouvernement de la Province du Canada adopte une nouvelle Loi de Milice qui est à l'origine directe de la milice canadienne d'aujourd'hui. Une petite force de 5000 Volontaires est alors équipée et organisée en compagnies indépendantes de fusiliers. Cette loi crée plusieurs classes de miliciens: la milice active, la milice sédentaire et la Réserve. De plus, la province du Canada-Uni est divisée en neuf districts militaires. A Trois-Rivières, on met sur pied une compagnie de carabiniers composée de 63 Volontaires.

En 1865, une organisation irlando-américaine appelée la Confrérie des Féniens, formée en 1858, commence des raids contre le Canada. La Milice est de nouveau appelée sous les armes et un groupe de Trois-Rivières, revenu du Haut Canada, s'installe sur la ligne du Bas Canada, depuis Valleyfield jusqu'à Frelighsburg. A Trois-Rivières même, les quartiers généraux sont établis à l'hôtel de ville où l'on monte la garde chaque nuit.

Le plus important résultat de cette période de crises répétées est la Confédération des colonies de l'Amérique du Nord britannique, en 1867. Le retrait des Troupes britanniques régulières amène la création d'une force permanente canadienne. Ainsi, en 1868, par le "Milicia Act" (Loi de la Milice), on établit un ministère de la Milice et de la Défense et on porte les effectifs autorisés a 40 000 hommes pour la Milice active (ancêtre de la Force régulière actuelle).

Deux ans plus tard, soit en 1870, les Volontaires de la compagnie no 1 de Trois-Rivières, qui fait partie de la 5e Division de Brigade (ou bataillon) du District militaire no 6, sont appelés à se rendre dans le territoire de la Rivière-Rouge pour la Campagne du Nord-Ouest. Les autres compagnies de la Division sont les suivantes:

  • Compagnie no 2, Rivière-du-Loup ou Louiseville;
  • Compagnie no 3, Berthier;
  • Compagnie no 4, Sainte-Elizabeth;
  • Compagnie no 5, Joliette;
  • Compagnie no 6, Saint-Jacques;
  • Compagnie no 7, Saint-Gabriel-de-Brandon;
  • Compagnie no 8, Sainte-Mélanie;
  • Compagnie no 9, Rawdon no 1;
  • Compagnie no 10, Rawdon no 2.

Fin juin début juillet. les Volontaires de la 5e Division quittent Montréal pour le Nord-Ouest canadien. Parmi eux, on compte le capitaine François-Xavier Lambert et le chirurgien Frédéric-Augustus Dame. Tous deux deviendront, par la suite, commandants de 1'Unité de Trois-Rivières.