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A LA MÉMOIRE D’UN HÉROS CANADIEN JOE
KENDALL Un hommage rédigé
par le colonel J.W. Georges Rousseau, CD
La bataille pour la crête de Vimy a redéfini à jamais l’identité canadienne et souligna notre contribution au Commonwealth et au monde. Certain ont même été jusqu’à affirmer que si le Canada avait atteint sa nationalité en 1867, il est devenu mature à Vimy. Comme Joe n’a jamais parlé de la Grande Guerre, il est difficile de savoir avec certitude quel motif a poussé ce jeune homme à s’enrôler comme volontaire. Je peux présumer qu’à priori, il s’engagea pour servir le « Roi et le Pays » ou, plus simplement, cette grande liesse qui attirait cette jeunesse effervescente à l’idée de s’engager dans cette guerre d’hommes. Une troisième raison était aussi l’opportunité d’échapper au travail épuisant dans les mines de River Hebert, en Nouvelle Écosse, endroit où tous les membres de sa famille avaient immigré de l’Angleterre au début du siècle. Je doute que ce retour en Europe, qui le rapprochait un peu de son amie de cœur, Miss Edith Ward (ma grand-mère) ai eu un impact sur sa décision. Quelque soient ses motivations, Joe se retrouve au front, dans la partie nord de la ville d’Arras et très probablement dans des tranchées pleines de boue au côté de ces compagnons d’armes. Le 1er avril 1917, en préparation à l’assaut, il est témoin du plus grand tir dévastateur causé par le feu nourri de l’artillerie. Après de multiples plans de bataille maintes fois intensément pratiqués, ses supérieurs (à tous les niveaux) sont finalement prêts à passer à l’offensive le 8 avril. En ce misérable matin gris, alors qu’il partage probablement sa ration de « corn-beef » et avale sa tasse de thé, mon grand-père est peu conscient, que, 24 heures plus tard, il enjambera encore une fois la tranchée pour assiéger l’ennemi.
Mon grand-père Joe et son frère sont parmi les chanceux qui ont survécu à cette journée et ils participeront à bien d’autres batailles, telles que Passchendaele et Le Quesnel, pour nommer que ces dernières. Il y a maintenant plus de 36 ans que Joe à été appelé pour servir au Ciel et il manque encore beaucoup à tous ces proches. Malgré tout, nous sommes sincèrement reconnaissants qu’il est survécu à la « Guerre pour finir toutes les guerres », car plusieurs de ses camarades ont leurs noms sur un épitaphe, un nom (sans progéniture) sur une pierre et/ou un monument et reposent à jamais quelque part dans les Flandres, en France. Le lundi 9 avril 2007, au nom de ma famille et en votre nom, je marcherai, je resterai debout et à genoux en mémoire de JOE KENDALL à Vimy en présence de la Reine dont le grand-père a aussi servi vaillamment. Dans ma main, je tiendrai avec respect et gratitude les plaques d’identité de 222545 Pte Kendall J. du 85th Nova Scotia Highlanders.
Trois-Rivières,
Qué.
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